Le Journal
Volume 12, No. 3 - Août 2006 (Édition web)
Dave Ritchie
Vice-président canadien

La survie de la classe moyenne passe par une stratégie manufacturière

En l’absence d’une stratégie industrielle capable de conserver une solide base manufacturière, le Canada est condamné au Tiers monde. Nous devons donc en faire davantage pour nous assurer d’acheter des produits de fabrication syndicale canadienne. Non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour les municipalités et les gouvernements qui desservent la population canadienne. Ça semble assez simple, non? Après tout, nous payons les impôts et nos deniers publics devraient donc servir à renforcer plutôt qu’à miner notre système de valeurs!

En fait, nous traversons une ère où les politiciens ne cessent de nous répéter qu’ils nous aident à économiser par l’impartition de nos services et l’achat de biens fabriqués à l’étranger. Cette tendance d’acheter au plus bas prix est sensée contribuer à réduire le montant qu’on me réclame en impôts et taxes. Mais laissez-moi vous dire ceci! Mes impôts ne diminuent pas. C’est plutôt ma qualité de vie qui diminue!

Il est extrêmement important que nous nous rendions tous compte que nos élus sont imputables et que c’est à nous tous, contribuables, qu’ils rendent des comptes. Pour assurer le maintien et – oui – l’expansion de nos services sociaux, nous devons insister pour que nos deniers publics soient dépensés dans les meilleurs intérêts des contribuables. L’achat de biens fabriqués outre-mer – une pratique qui ne contribue aucunement à créer ou à préserver des emplois ici – n’aide en rien à assurer la survie de notre classe moyenne.

Prenons l’exemple de l’éducation. Il nous faut une assiette fiscale solide pour maintenir des normes éducatives élevées et permettre à nos enfants de marquer le pas dans les secteurs technologiques et d’autres domaines de pointe. C’est la mission que s’est donnée notre secteur public. Si nous ne soutenons pas continuellement ce secteur public par les impôts perçus d’une base manufacturière viable et solide, nous serons dans le pétrin. Vous savez que les statistiques ne mentent pas. En Ontario seulement, plus de 90 000 emplois manufacturiers ont été éliminés depuis juin 2004 et le gouvernement provincial ne fait absolument rien pour stopper l’hémorragie! La classe moyenne est en voie de disparaître et nous ne réussirons pas à soutenir ce pays et les services sociaux qu’il s’est donnés en travaillant au salaire minimum pour McDonalds. C’est tout simplement impossible!

Henry Ford l’a très bien dit il y a près d’un siècle : Payez vos employés assez pour qu’ils puissent se permettre d’acheter le produit qu’ils fabriquent. Vous savez fort bien que c’est ce que nous devons faire ici. Nous devons toucher un salaire suffisant pour nous permettre d’acheter des biens de consommation de fabrication canadienne et de fabrication syndicale plutôt que des biens fabriqués à l’étranger qui ne contribuent aucunement à créer de la richesse ici même au pays! Nous avons besoin d’emplois, de bons emplois qui valent la peine d’être défendus. Nous devons nous assurer que ces bons emplois sont appuyés par une stratégie progressiste visant à les préserver! Nous devons faire appel à nos élus fédéraux, provinciaux et locaux et insister pour qu’ils achètent des produits de fabrication canadienne et syndicale. C’est une approche directe fondée sur le gros bon sens. Les Canadiens doivent s’attendre au maintien de leur classe moyenne et exiger rien de moins.

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