Depuis le 4 janvier 2004, le gouvernement fédéral offre de nouvelles prestations pour soins prodigués avec compassion en vertu du régime dassurance-emploi. Bien quil sagisse dun pas vers lavant qui savérera utile dans certaines situations, sa mise en application est très limitée, et laccès aux prestations dassurance-emploi ne sera pas nécessairement garanti, selon le lieu de travail.
Compte tenu des milliards que le gouvernement fédéral a réussi à soutirer du régime dA.-E. en coupant dans les prestations, il sagit dune retombée bien minime.
Pour avoir droit aux prestations pour soins prodigués avec compassion, un travailleur doit prendre congé afin de prodiguer des soins à un parent, un enfant, un conjoint ou un conjoint de fait qui risque fortement de mourir dans les 26 prochaines semaines. Un certificat médical doit être présenté à cette fin.
Le prestataire peut demander un total de six semaines, et les six semaines peuvent être partagées entre plusieurs membres dune famille. Toutefois, il ne sera pas possible pour plusieurs membres dune même famille de réclamer les six semaines de prestations pour prodiguer des soins au même proche mourant.
Dans la plupart des cas, les prestations pour soins prodigués avec compassion seront traitées au même titre quune demande dA.-E. normale. Les demandeurs devront respecter les mêmes critères dadmissibilité de base que les prestataires dA.-E. normaux, y compris le nombre minimal requis demploi assurable, et le délai de carence avant de toucher des prestations sera de deux semaines, comme dhabitude (toutefois, un seul délai de carence sappliquera dans le cas où les prestations sont partagées). De plus, la période des prestations pour soins prodigués avec compassion sera comptabilisée dans la période maximale de prestations du demandeur, dans le cas où ce dernier doit soumettre une nouvelle demande de prestations dA.E. pour dautres raisons.
Bien que la législation fédérale assure des prestations dA.-E., elle noblige pas lemployeur à accorder un congé au travailleur pour lui permettre de prodiguer les soins à un proche. La plupart des compétences canadiennes ont adopté des normes de travail qui permettent aux travailleurs de demander un congé minimal de huit semaines (six semaines de prestations plus un délai de carence de deux semaines) pour soins prodigués avec compassion. Ces dispositions servent essentiellement à protéger lemploi du travailleur (et, dans certains cas, ses avantages sociaux et son ancienneté) qui opte pour un congé pour soins prodigués avec compassion.
La Colombie-Britannique, lAlberta, Terre-Neuve, lOntario et les Territoires du Nord-Ouest ne prévoient aucune telle exigence légale. Si vous habitez lune de ces compétences, il est important que vous fassiez pression sur votre gouvernement pour, au minimum, adopter une loi sur les soins prodigués avec compassion qui garantit laccès aux prestations dA.-E.
Dans les provinces sans loi sur les soins prodigués avec compassion, les travailleurs syndiqués doivent clairement négocier lajout dune telle disposition dans leur convention collective. Même dans les compétences dont les lois garantissent laccès aux prestations dA.-E., la négociation de dispositions au-delà du minimum prévu dans la loi rendrait les prestations beaucoup plus intéressantes.
Par exemple, il est possible de négocier une prestation supplémentaire de chômage (PSC) pour bonifier les prestations dA.-E. et ainsi minimiser la perte de revenus. La prolongation de la période de prestations payées par lemployeur ainsi que le maintien des avantages sociaux et dautres protections (selon les exigences stipulées dans la loi et la convention collective) pourraient également faire lobjet de négociations.
Si les dispositions négociées sur les congés pour soins prodigués avec compassion sont assorties de critères dadmissibilité aussi exigeants que ceux prévus dans la loi sur lassurance-emploi, le coût sera probablement très bas. Si les critères dadmissibilité sont quelque peu assouplis (couverture familiale élargie, couverture des maladies graves mais non nécessairement mortelles), une augmentation des coûts est envisageable.