Vous avez peut-être lu récemment dans les journaux un article sur une étude menée par Statistique Canada sur la situation financière des Canadiens âgés de plus de 65 ans. Létude est arrivée à la conclusion que les personnes aînées jouissent, en moyenne, dune meilleure situation financière, ayant plus dactifs et moins de dettes que les Canadiens plus jeunes.
Malheureusement, certaines personnes ayant commenté létude ont suggéré quelle démontrait que les aînés étaient généralement « bien nantis » et navaient pas besoin daide du gouvernement. Cest un signe inquiétant que nous serons peut-être bientôt aux prises avec une autre tentative de sabrer dans les avantages et les services offerts aux personnes aînées.
Les résultats de létude de Statistique Canada nont pourtant rien de surprenant. Cest un fait reconnu que la plupart des gens économisent pendant leur vie active en vue de leur retraite, où ils connaîtront normalement une baisse de revenus. Il serait donc tout à fait logique que la « richesse » atteigne son apogée juste avant la retraite. Selon létude, le revenu moyen dune personne aînée en 1999 ne se chiffrait quaux deux tiers de celui dune famille plus jeune.
En 1999, la famille aînée moyenne disposait dun avoir net de 155 000 $ comparativement à 69 000 $ dans le cas de familles plus jeunes. Ce qui métonne dans cette étude est le fait que la plupart des Canadiens, aînés ou pas, ont très peu de richesse, outre la valeur nette de leur maison, et ce, en dépit de toute la publicité et de tous les incitatifs sur les instruments dépargne tels que les REER.
Plus des trois quarts des actifs des personnes aînées consistent en la valeur nette de leur propriété. La famille aînée moyenne na que 35 000 $ en avoirs financiers, et nombre de familles nont même pas ça.
Au total, 60 % des aînés étaient propriétaires de leur logement tandis que 40 % continuaient de payer un loyer ou une hypothèque. Peu daînés, même parmi les 60 % qui ne paient plus de loyer ou dhypothèque, sont véritablement bien nantis. Pour près des trois quarts des personnes aînées, la moitié ou plus de leur revenu provient dun régime de pension public (Sécurité de la vieillesse, Régime de pensions du Canada et Régie des rentes du Québec). La plupart des aînés canadiens vivent juste au-dessus du seuil de la pauvreté et doivent composer avec de constantes coupures dans les services de soins de santé et dautres programmes du filet de sécurité sociale tout en essayant de continuer de vivre dignement.
Bien que certaines personnes aînées soient bien nanties, notamment notre nouveau premier ministre, la plupart des aînés canadiens réussissent de peine et de misère à joindre les deux bouts. Les personnes aînées ont réussi à éviter une attaque en règle contre le régime de pensions public (attaque menée par le ministère des Finances de M. Martin) au milieu des années 1990. La couverture de cette étude de Statistique Canada démontre que nous devons nous préparer à lutter contre la prochaine attaque qui sannonce.