Réchauffement de la planète : la ratification de Kyoto n’était que le début

Rien ne bat un hiver frigide pour nous faire oublier le réchauffement de la planète. Malheureusement, l’hiver rude que nous connaissons dans l’est du continent nord-américain ne peut être interprété comme un signal nous autorisant de ne plus nous préoccuper des émissions de gaz à effet de serre et de leurs impacts sur le futur de notre planète.

Juste avant Noël, le gouvernement fédéral a ratifié le Protocole de Kyoto (voir mon article de septembre 2002), et s’est donc engagé à une réduction des émissions à long terme. Le ministre des Finances Manley a annoncé dans le plus récent budget fédéral qu’un montant de 2 milliards de dollars sur cinq ans serait débloqué pour « contribuer à la mise en œuvre du programme sur le changement climatique », mais il s’est montré très vague pour ce qui est des détails concernant ce programme.

En surface, il semblerait que les mesures prises par le Canada pour contrer le changement climatique portent fruit. Toutefois, les apparences peuvent décevoir.

Le Protocole de Kyoto ne fixe que quelques objectifs limités à long terme en matière de réduction des émissions, et le gouvernement a déjà indiqué qu’il est à l’œuvre pour créer des échappatoires qui avantageront les entreprises qui l’appuient financièrement.

Le gouvernement se réunit actuellement à huis clos avec des représentants commerciaux dans le but de conclure des ententes qui minimiseront les répercussions du programme sur les sociétés et leurs actionnaires. De plus, les sociétés font pression pour s’accaparer les milliards alloués pour ainsi être doublement rassurées de ne pas faire les frais de Kyoto. Sont particulièrement avares ces pauvres et vulnérables sociétés d’énergie, dont les profits sont déjà gonflés grâce à la hausse actuelle des prix de l’énergie.

Les travailleurs et les communautés du Canada doivent insister que le gouvernement cesse de conclure des ententes derrière des portes closes. Il importe pour notre avenir que les objectifs de Kyoto soient non seulement respectés mais aussi dépassés et que notre argent ne serve non à gonfler le bénéfice des entreprises mais plutôt à encourager la conservation d’énergie et la réduction de la pollution. Nous devons investir dans des secteurs tels que le transport en commun, la modernisation d’immeubles et l’énergie alternative – non seulement pour atténuer le réchauffement de la planète, mais aussi pour créer de bons emplois et des communautés où il fait mieux vivre.

Plus important encore, nous devons nous assurer que les fonds publics sont utilisés pour soutenir des programmes de réorientation pour aider les travailleurs et les communautés qui seront inévitablement touchés par les changements nécessaire que pour atténuer l’impact sur les actionnaires des sociétés.

La question de l’atteinte des objectifs de Kyoto a été portée à l’avant-scène et fait l’objet de discussions sur les plans municipal, provincial et fédéral. Elle doit figurer parmi les questions sur lesquelles les partis et les candidats en lice dans le cadre d’élections provinciales qui se dérouleront d’un bout à l’autre du pays au cours de la prochaine année devront se prononcer. Cette même obligation s’applique aux candidats qui aspirent à devenir le prochain premier ministre du Canada.

La lutte vient à peine de commencer.

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