Existe-t-il un remède au cancer de l’impartition?

Beaucoup a été écrit et mis en pratique sur l’impartition. Simplement dit, c’est la course aux profits des entreprises qui en est le grand responsable. Les entreprises utilisent l’expression de « compétences essentielles » pour justifier leur décision d’impartir toute tâche non essentielle afin de réduire les coûts et d’accroître les profits.

Malheureusement, cette pratique est répandue à l’échelle de la planète, surtout dans des pays où les travailleurs ont réussi à obtenir des salaires, des pensions et des régimes d’avantages sociaux décents.

Aucun secteur industriel n’y est à l’abri bien que ce soit le secteur manufacturier qui rapporte les plus lourdes pertes. Il suffit de consulter les rapports produits par Statistique Canada au-delà du premier paragraphe pour prendre connaissance de la chute considérable du nombre d’emplois manufacturiers depuis la signature de l’ALENA en 1988.

Dans le secteur du transport aérien, la tendance consiste à impartir du travail à forte concentration de main-d’œuvre à des pays tels que la Chine. Par exemple, pension au grand entretien des cellules d’aéronefs. Un autre exemple est la fabrication des aéronefs et de pièces utilisées dans leur construction.

Au terme d’une recherche sur les activités d’entreprises partout dans le monde, il en ressort assez clairement que cette tendance se maintiendra et risque même de s’étendre à d’autres secteurs. Tout récemment, ACTS a acquis 80 % des actions de la société Aeroman Taca en El Salvador. On s’attend à ce qu’Aeroman quadruple ses effectifs d’ici quelques années. Il faut se demander d’où proviendra tout ce travail. D’Air Canada?

Jusqu’à ce jour, les gouvernements sont demeurés inactifs. Ils ont recours à l’attitude traditionnelle de laisser le secteur privé gérer ses propres affaires. Mais peut-on faire confiance à des entreprises engagées dans une course frénétique aux profits?

Si on tente de comprendre ce qui se passe, il appert que des entreprises dénoncent les coûts de main-d’œuvre qu’ils jugent trop élevés en Amérique du Nord. Des dirigeants d’entreprise affirment qu’ils doivent maintenir leur avantage concurrentiel sur des pays où les lois sont très laxistes, où la protection de l’environnement n’est pas une priorité législative ou réglementaire et où il est possible d’abuser de travailleurs en leur versant des salaires de crève-faim et leur refuser leurs droits fondamentaux.

Alors que ces entreprises continuent d’encaisser des profits mirobolants, deux préoccupations viennent en tête.

D’abord, où se cache notre gouvernement et pourquoi permet-il à ces entreprises de confier nos travaux d’entretien à des sous-traitants? Cela a pour conséquence de réduire les montants versés en impôts, des montants qui servent à financer nos infrastructures telles que notre système de soins de santé. C’est le prix que nous devons tous payer lorsqu’une entreprise devient trop gourmande.

Ensuite, est-ce ce que nous attendons et voulons de nos entreprises? Pourquoi devaient-elles pouvoir tirer profit du système canadien et de nos deniers publics dans leur course aux profits? Les mauvaises entreprises citoyennes ne sont aucunement pénalisées.

Est-ce pour cela que nous avons voté aux dernières élections fédérales et provinciales?

Pourquoi permettons-nous à tout cela de se produire sans nous battre? Après tout, ce sont nos emplois et notre pays qui sont en jeu. Ou s’agit-il plutôt du syndrome « Ça va bien dans ma cour, ce qui affecte les autres ne me concerne pas »?

Que nous réserve l’avenir? Je ne prétends pas avoir une boule de cristal. Mais si les articles écrits et les discussions tenues dans le cadre de diverses conférences et de divers séminaires s’avèrent fondés, ce phénomène est loin d’être terminé.

On parle d’améliorations à apporter à Six Sigma, à la production au plus juste, à l’impartition et discute d’autres méthodes à utiliser pour devenir plus concurrentiel… Excusez-moi pardon! J’ai failli subir un autre lavage de cerveau par les partisans de la course aux profits. Cela sonne très négatif et cynique, mais c’est la vérité.

Voici notre prochain champ de bataille : l’impartition des travaux de maintenance en piste!!!

Donc, le moment est venu de trouver un remède au « cancer », mais comment pouvons-nous trouver un tel remède?

Quelles mesures les travailleurs de maintenance sont-ils prêts à prendre pour nous assurer la victoire dans cette bataille?

Commençons par mener la vie dure aux politiciens et aux employeurs qui ne partagent pas notre point de vue.

Agissons! Notre moyen de subsistance en dépend! Soyez du nombre à vous faire entendre!

Carlos DaCosta
Coordonnateur des lignes aériennes
AIMTA Canada

Table des matière pour les articles de Carlos


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