S’organiser à l’échelon international
L’économie internationale est de plus en plus basée sur la mondialisation de la production, des marchés et des droits de propriété. Ce modèle exerce une immense pression lorsqu’il s’agit de mettre en place un système de transport mondial plus libéralisé. La privatisation et la commercialisation ont déjà eu une incidence majeure sur le transport dans plusieurs régions du globe.
Des changements rapides surviennent dans l’industrie mondiale du transport, haussant l’intégration de divers modes de transport et éliminant les frontières avec d’autres secteurs industriels, tout en accroissant les besoins organisationnels et la production en temps opportun. Une des premières victimes de ce changement pourrait bien être le bureau de poste. On prévoit qu’il sera fusionné aux grands services de messagerie et aux entreprises de logistique.
L’impartition déplace de plus en plus d’emplois liés aux activités fondamentales vers les sous-traitants. Dans plusieurs cas, les syndicats sont perdus dans le processus d’impartition. Quelques fois, les structures syndicales sont rattachées à une seule entreprise et ne sont pas adaptées pour organiser les travailleurs à l’occasion d’activités d’impartition. Il en résulte une relocalisation des emplois d’un pays à un autre. Nos sections locales canadiennes ont été témoins de ce phénomène. Vous connaissez tous bien les situations auxquelles je fais référence, des situations qui sont survenues dans nos propres secteurs de service.
Nous ne sommes pas les seuls à subir ce symptôme. Il s’agit d’un problème mondial qui survient pour de nombreuses raisons. Soit qu’une entreprise est trop petite pour effectuer le travail à l’interne, soit que ses coûts de main-d’œuvre sont considérés trop élevés. Quelles qu’en soit la cause, les entreprises tentent toujours de réduire les coûts de main-d’œuvre en se préoccupant très peu des droits essentiels des travailleurs et, à plus forte raison, du maintien de ces emplois dans leur pays pour soutenir et aider l’économie locale. La seule façon pour elles de réduire les coûts de main-d’œuvre c’est d’agir aux dépens des travailleurs, au détriment de leurs droits fondamentaux, de salaires décents et, quelquefois même, de l’environnement, en raison de la piètre législation du pays dans lequel le travail est exécuté.
À la suite du 41e congrès qui a eu lieu à Durban en Afrique du Sud, la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) a proposé de réagir à tous ces phénomènes et à divers autres problèmes en :
- participant à des campagnes internationales conçues pour défier le processus de mondialisation et des entités comme la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce;
- ciblant des employeurs stratégiques, en créant des réseaux de solidarité syndicale au sein de ces entreprises et en négociant des ententes cadres internationales conçues pour renforcer l’organisation syndicale;
- utilisant la position stratégique des travailleurs des entreprises de logistique, en cernant des centres de discussion stratégique et en créant une solidarité plus étroite avec les syndicats des secteurs manufacturier et de distribution et leurs organisations internationales de la chaîne des fournisseurs;
- réagissant à la nature changeante du travail et à la croissance accrue des lieux de travail « non syndiqués »; aux nouveaux venus dans de nombreux secteurs qui utilisent souvent des entrepreneurs, l’impartition et même de « faux travailleurs autonomes » et en demandant aux syndicats d’adapter leurs structures à ce nouvel environnement et de concentrer leur énergie à regrouper les travailleurs féminins, les jeunes travailleurs, les travailleurs non manuels et ceux qui possèdent un statut d’emploi non traditionnel.
L’ITF mettra surtout sur pied un programme efficace d’organisation des travailleurs du secteur du transport en élaborant des projets qui fixent des cibles stratégiques pour réaliser les objectifs traités dans les nombreuses motions qui ont été adoptées. Elle bâtira des alliances internationales au niveau de la chaîne d’approvisionnement avec d’autres fédérations syndicales internationales et établira de nouveaux programmes d’éducation pour aider les syndicats à adapter leurs structures et leurs méthodes en vue de l’organisation d’un plus grand nombre de travailleurs.
Les affiliés de l’ITF, parmi lesquels on retrouve l’AIMTA, constitueront probablement le plus grand défi de cet effort d’organisation internationale. Presque partout, de nombreux syndicats sont organisés de manière à refléter une structure industrielle qui n’existe plus : les syndicats sont fondés sur des métiers qui ont disparu, sur un monopole renversé il y a bien longtemps, sur des lignes industrielles qui ne sont plus aussi claires ou sur une définition des travailleurs du milieu du transport qui ne tient pas compte des changements qui sont survenus au sein de l’industrie et des modifications apportées à la composition de la main-d’œuvre.
À titre de syndicat, l’AIMTA doit examiner sa propre structure afin de s’assurer qu’elle pourra s’organiser efficacement dans le monde du transport moderne. Pour réussir, il nous faut nous serrer les coudes à l’échelon international. En soutenant les projets de l’ITF et en nous impliquant davantage, nous accroîtrons nos chances d’améliorer nos normes de travail et notre croissance, ce qui nous permettra de régler les problèmes auxquels nous ferons face dans un avenir rapproché. Il faut que nous nous ralliions, à l’échelon international, à nos frères et sœurs des autres syndicats et que nous travaillions à nous organiser en vue de rapprocher les normes internationales que celles qui existent en Amérique du Nord. Si nous réalisons cet objectif, nous réussirons à conserver notre travail, nos salaires, nos avantages sociaux et notre qualité de vie. La mondialisation n’est pas un fléau, en autant que les travailleurs sont respectés et traités avec équité et égalité partout dans le monde.
Au cours des prochaines quatre années, j’assisterai à des réunions et je participerai à certains des projets initiés par l’ITF. J’aimerais bien que nos sections locales et que certains districts me transmettent des renseignements et participent à ces rencontres afin de garantir le succès de ces projets.
Soyez à l’affût des prochains articles. Pour obtenir de plus amples informations sur l’ITF, visitez le site Web de cette organisation au www.itfglobal.org.
Carlos DaCosta
Le coordonnateur pour le transport aérien, AIMTA