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Nous devons reconnaître nos échecs. La réduction des impôts des particuliers et l’augmentation des impôts des entreprises devait stimuler les investissements et la création d’emplois. Or nous réduisons les impôts des sociétés et des salariés à revenu élevé, et les sociétés canadiennes accusent des profits cinq fois plus élevés qu’en 1992. Pendant ce temps, les salaires ont à peine suivi l’inflation. Le pourcentage des profits des entreprises payés en impôts a chuté de 40 %, mais les investissements dans la fabrication et la création d’emplois continuent de stagner. Les PDG des grandes sociétés ont décidé d’affecter leurs profits supplémentaires à des fusions ou des acquisitions non productives mais lucratives ou encore à des investissements à l’étranger.
Les accords commerciaux qui devaient ouvrir la porte à de nouveaux marchés pour les produits de fabrication canadienne ont, dans les faits, accru la dépendance des ressources de notre économie et donné à nos gouvernements une excuse justifiant leur inaction (« Nos mains sont liées par l’ALENA, l’OMC, etc. »).
Nous parlons beaucoup d’accroissement de la productivité et de formation axée sur les compétences, mais nous agissons peu. Pour que la formation prenne tout son sens, elle doit ouvrir la porte à des emplois et à des perspectives. L’accroissement de la productivité passe par des secteurs manufacturiers sains et stables et non pas par la diminution des coûts de main-d’œuvre pour concurrencer les pays à faibles salaires.
La première étape (nos excuses aux AA) est de reconnaître que nous avons un problème. Il est remarquable de constater que cette crise ne figure nulle part dans les priorités politiques. Nous n’en avons pratiquement pas entendu parler au cours des deux dernières campagnes électorales fédérales des dernières années, et ce problème défraie rarement la chronique dans les médias.
Notre politique économique doit être axée de nouveau sur l’objectif central d’un retour au plein emploi, à de bons emplois et à une solide assise manufacturière.
Nous devons nous doter d’une stratégie industrielle intégrée et positive assortie de programmes sectoriels afin de renforcer notre capacité de créer des emplois stables à long terme. Nous devons reconnaître l’importance de la viabilité environnementale, des droits des travailleurs et de l’équité. L’objectif n’est pas de nous replier sur nous-mêmes pour assurer l’autonomie de notre pays, mais plutôt d’engager la population à rebâtir la position manufacturière du Canada dans les marchés mondiaux.
Nous devons avoir recours à un large éventail d’outils :
- Un fonds d’investissement public qui affecte les recettes fiscales des entreprises au soutien de stratégies sectorielles visant à créer de bons emplois stables.
- Des politiques en matière d’achats gouvernementaux qui encouragent les manufacturiers canadiens (ce qui pourrait mener à des contestations d’« accords » commerciaux afin de réaffirmer la souveraineté canadienne des multinationales).
- Un contrôle des investissements et des mouvements de capitaux pour lutter contre le chantage par les entreprises.
- Des infrastructures publiques gérées par l’État (transports, services publics, électronique) afin d’assurer un approvisionnement abordable en ressources énergétiques et autres, non axé sur le mercantilisme des entreprises.
- Des politiques fiscales bien ciblées qui récompensent les investissements productifs créateurs d’emplois plutôt que des réductions d’impôts généralisées.
- Des politiques fiscales et monétaires créatrices d’emplois et équitables, sans retenir les salaires. Réforme du programme d’a.-e. afin de rendre les travailleurs mis à pied admissibles à des prestations.
- De la formation pour les emplois nés des stratégies sectorielles, financée par des taxes de formation prélevées des employeurs.
- Une législation du travail favorable au recrutement, donnant aux travailleurs la liberté de se syndiquer.
- Des mesures de protection des travailleurs et des collectivités contrôle des mises à pied et des fermetures afin de rendre plus difficile et coûteux pour les employeurs de fuir leurs responsabilités :
- Obligation de justification
- Obligation d’émettre des avis plus tôt et bonification des indemnités de départ
- Obligation de négocier des ententes de fermeture
- Recyclage professionnel et financement de programmes d’adaptation communautaire
- Remboursement des subventions gouvernementales reçues
- Application des responsabilités contre l’atteinte à l’environnement
- Fonds de garantie des prestations de retraite et Fonds de protection des salariés couvrant les montants dus en salaires et avantages sociaux
- Soutien des organismes sectoriels d’adaptation de la main-d’œuvre
C’est tout un défi, et nous n’accomplirons pas tout du même coup. Nous devrons livrer une longue lutte sur le plan politique. Pour commencer, le problème et son importance doivent être reconnus. Joignez-vous à nous dans cette campagne.
Un des gestes que vous pouvez poser est d’en parler à vos politiciens locaux vos députés fédéraux et provinciaux ainsi que vos élus municipaux. Faites-leur part de vos préoccupations. Pour mettre le problème en lumière sur le plan local, vous pouvez demander à votre conseil municipal d’adopter une résolution, comme celle reproduite à la page suivante, pour reconnaître le problème et engager toutes les parties intéressées à trouver des solutions.
Informez-nous des gestes que vous posez ou laissez-nous savoir si vous avez besoin d’aide. Nous apprécierons recevoir vos commentaires et vos suggestions.
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